pourpre.comNUANCIERS

Curiosités

Si certains nuanciers ont rencontré le succès et sont aujourd'hui utilisés dans de nombreux domaines, d'autres sont restés dans l'ombre. Un secteur industriel se modernise, une société se transforme, et des nuanciers disparaissent. Cette page est donc consacrée aux chartes de couleurs (et aux listes de noms de couleurs) inusitées, obsolètes ou très spécifiques.

Extrait album Yvert & TellierYvert & Tellier

Merci à Daniel Baise.

Éditeur de catalogues de timbres, Yvert & Tellier doit, dans sa description des timbres, en indiquer la teinte. Une liste de couleurs de référence a donc été créée. L'éditeur met en correspondance un nom de couleur et un timbre "modèle" correspondant. Les noms de couleurs utilisés au sein du catalogue sont répertoriés et mis en correspondance avec la couleur dominante de timbres "modèles" communs. Cette charte peut être utilisée, accompagnée des timbres modèles "frais" en couleurs. Ainsi, si dans le catalogue, un certain timbre est dit "ardoise", il s'agit de la même couleur que celle du timbre allemand n°362.

Le défaut d'un tel système est que la charte est elle-même constituée de timbres. Il faut donc avoir ces timbres de référence sous la main, et en bon état. L'utilisation de références Pantone ou RAL éviterait ce genre de contrainte.

Première page de la charte MontessuyCharte Montessuy Lyon

Merci à Daniel Baise.

Il s'agir d'une charte des soieries de Lyon datant du début du XXème siècle. Elle se présente sous forme d'une pochette qui, une fois ouverte et dépliée, offre une large palette colorée liant échantillons de couleurs et noms. Cliquez ici pour une vue globale (187 Ko), ou sur un des panneaux de l'image ci-dessous (attention, les images sont grandes: environ 230 Ko par panneau).

Les panneaux de la charte Montessuy

Les panneaux ont été photographiés par Daniel Baise qui les a accompagnés d'une charte de couleurs Kodak.

Enfin, la liste des noms de couleurs utilisés dans cette charte est disponible ici.

Les noms de remplacementLes nazis et la couleur

Merci à Thomas Wollermann.

Paris, capitale de la mode: depuis le début du XXème siècle, un grand nombre de termes français relatifs à ce domaine ont été intégrés dans des langues étrangères. Et notamment des noms de couleurs.

Sous le régime nazi, l'épuration touche également le vocabulaire allemand. On aurait bien sûr préféré qu'elle s'y limite. Dans ce but est édité, en 1941, "Jahrbuch der Deutschen Sprache" (Annuaire de la langue allemande) sous la direction du Docteur Werner Shulze, un linguiste (responsable de publication: le "Werberat der deutschen Wirtschaft": le conseil publicitaire de l'économie allemande). Il s'agit de proposer des équivalences "purement" allemandes à des termes étrangers en usage. Pages 229 à 231, on y trouve un chapitre, "Verdeutschung fremdsprachlicher Bezeichnungen von Modefarben" (expressions allemandes destinées à remplacer les expressions étrangères pour les couleurs de la mode). La grande majorité de ces noms de couleurs sont originellement français.

Cliquez sur l'image de droite pour voir en taille normale les trois pages.

La couleur des bas

Merci à Marc Alessandri

Le site http://perso.club-internet.fr/mybev cite un extrait de l'Histoire des françaises, d'Alain Decaux:

Les marchands de bas (de soie) proposent aux élégantes (et aux élégants) cinquante nuances de coloris. Agrippa d’Aubigné en a donné la liste en 1630: ventre de nonnain ou de biche, fleur de seigle, gris d’été, d’Espagnol malade ou mourant, céladon, Astrée, face grattée, rat, merde d’enfant ou d’oie, Judas, vérolée, singe envenimé ou mourant, veuve réjouie, temps perdu, pain bis, constipée, faute de pisser, jus de nature, ris de guenon, trépassé revenu, baise-moi ma mignonne, péché mortel, bœuf enfumé, jambon commun, désir amoureux, racleur de cheminée...

http://pourpre.com8 Juillet 2009
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