Citations colorées
Ce chapitre est destiné à accueillir, comme son nom l'indique, des citations ou de courts textes en rapport avec les couleurs. Pour commencer, peu de citations, mais je compte sur vous pour m'en signaler d'autres.
- L'herbe est toujours plus verte dans le pré d'à côté, sauf peut-être pour les daltoniens.
- (auteur inconnu)
- Si vous roulez vers un feu rouge à 60 000 kilomètres par seconde, vous le verrez vert.
- (auteur inconnu). Pour saisir toute l'ironie de cette réplique, lisez ce court article à la portée de tous sur l'effet Doppler (sur le site SCIO de vulgarisation scientifique).
- LE BON PEINTRE
Il était à ce point préoccupé de l'harmonie des tons, que certaines couleurs mal arrangées dans des toilettes de provinciales ou sur des toiles de membres de l'Institut le faisaient grincer douloureusement, comme un musicien en proie à de faux accords.
A ce point que pour rien au monde il ne buvait de vin rouge en mangeant des oeufs sur le plat, parce que ça lui aurait fait un sale ton dans l'estomac.
Une fois que, marchant vite, il avait poussé un jeune gommeux à pardessus mastic sur une devanture verte fraîchement peinte (Prenez garde à la peinture, S. V.P.) et que le jeune gommeux lui avait dit: "Vous pourriez faire attention...", il avait répondu en clignant, à la façon des peintres qui font de l'œil à la peinture
- De quoi vous plaignez-vous ?... C'est bien plus japonais comme ça.
L'autre jour, il a reçu de Java la carte d'un vieux camarade en train de chasser la panthère noire pour la Grande Maison de fauves de Trieste.
Un attendrissement lui vint que quelqu'un pensât à lui, si loin et de si longtemps, et il écrivit à son vieux camarade une bonne et longue lettre, une bonne lettre très lourde dans une grande enveloppe.
Comme Java est loin et que la lettre était lourde, l'affranchissement lui coûta les yeux de la tête. L'employé des Postes et Télégraphes lui avança, hargneux, cinq ou six timbres dont la couleur variait avec le prix. Alors, tranquillement, en prenant son temps, il colla les timbres sur la grande enveloppe, verticalement, en prenant grand soin que les tons s'arrangeassent - pour que ça ne gueule pas trop. Presque content, il allait enfoncer sa lettre dans la fente béante de l'Etranger, quand un dernier regard cligné le fit rentrer précipitamment.
- Encore un timbre de trois sous.
- Voilà, monsieur.
Et il le colla sur l'enveloppe au bas des autres.
- Mais, monsieur, fit sympathiquement remarquer l'employé, votre correspondance était suffisamment affranchie.
- Ça ne fait rien, dit-il.
Puis, très complaisamment :
- C'est pour faire un rappel de bleu.
- (Alphone Allais, "A se tordre", 1891)
- Je voudrais des prairies teintes en rouge et des arbres peints en bleu.
- (Charles Baudelaire)
- L'or, même en sa laideur, donne un teint de beauté.
- (Nicolas Boileau, Satires)
- Il y a des globules rouges, il y a des globules blancs, peut-être qu'il y a aussi des globules rosés ?
- (Jean Carmet)
- Si la matière grise était plus rose, le monde aurait moins les idées noires.
- (Pierre Dac)
- Quand les Verts voient rouge, ils votent blanc.
- (Raymond Devos)
- La terre est bleue comme une orange.
- (Paul Eluard, "L'amour la poésie", 1929)
- Selon que vous serez puissant ou misérable Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.
- (Jean de la Fontaine, "Les animaux malades de la peste")
- S'il fallait l'étoile jaune pour reconnaître les Juifs sous l'Occupation, c'est donc qu'ils n'étaient pas si différents que le prétendait la propagande nazie.
- (André Frossard)
- "Plutôt rouge que mort" disent les pacifistes allemands, qui semblent oublier qu'un homard n'est jamais aussi rouge que lorsqu'il est mort. Mais renoncer à sa liberté, faire taire sa conscience, tricher avec soi-même pour sauver sa vie, c'est cela, la perdre.
- (André Frossard)
- Le ciel n'est bleu que par convention, mais rouge en réalité.
- (Alberto Giacometti)
- Moins le blanc est intelligent, plus le noir lui paraît bête.
- (André Gide, "Le voyage au Congo", 1926)
- Un Schtroumpf vert, c'est la jaunisse.
- (Pierre Legaré)
- Les professeurs de ski sont cramoisis en décembre, abricot en janvier, havane en février, brou de noix en mars.
- (Paul Morand, "L'Eau sous les ponts", 1954)
- Quand je n'ai pas de bleu, je mets du rouge.
- (Pablo Picasso)
- Certains peintres transforment le soleil en un point jaune ; d'autres transforment un point jaune en soleil.
- (Pablo Picasso)
- A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles, Je dirai quelque jour vos naissances latentes.
- (Arthur Rimbaud, "Voyelles", 1870-1871)
- DEUXIÈME MARQUIS:
Les beaux rubans! Quelle couleur, comte de Guiche?
"Baise-moi-ma-mignonne" ou bien "Ventre-de-biche" ?
DE GUICHE:
C'est couleur "Espagnol malade".
PREMIER MARQUIS:
La couleur
Ne ment pas, car bientôt, grâce à votre valeur,
L'Espagnol ira mal, dans les Flandres !
- (Edmond Rostand, "Cyrano de Bergerac", Acte I scène 3, 1897
- L'homme est le seul animal qui rougisse ; c'est d'ailleurs le seul animal qui ait à rougir de quelque chose.
- (Georges Bernard Shaw)
- Je lègue à mes amis
un bleu céruleum pour voler haut
un bleu de cobalt pour le bonheur
un bleu d'outremer pour stimuler l'esprit
un vermillon pour faire circuler le sang allègrement
un vert mousse pour apaiser les nerfs
un jaune d'or : richesse
un violet de cobalt pour la rêverie
une garance qui fait entendre le violoncelle
un jaune barite : science-fiction, brillance, éclat
un ocre jaune pour accepter la terre
un vert Véronèse pour la mémoire du printemps
un indigo pour pouvoir accorder l'esprit à l'orage
un orange pour exercer la vue d'un citronnier au loin
un jaune citron pour la grâce
un blanc pur: pureté
terre de Sienne naturelle: la transmutation de l'or
un noir somptueux pour voir Titien
une terre d'ombre pour mieux accepter la mélancolie noire
une terre de Sienne brûlée pour le sentiment de durée
- (Viera da Silva, "Le Testament")
- (...) L'élégance du corps n'avait d'égal que la beauté du vernis: un éblouissant jaune transparent, lumineux comme les dernières lueurs d'un soir de canicule estivale. C'était l'essence des fleurs de soucis, un éblouissant safran ondoyant, un jaune semblable à de l'or limpide, un cristal jaune qui semblait façonner des rideaux de lumière en lui-même et les semer à tous vents, jaune étincellant mais doux, piquant comme le citron, doux comme de la gelée de coing, apaisant comme les rayons du soleil.
- (Jack Vance, "Les potiers de Firsk")