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Illusions

Moins connues et moins nombreuses que celles liées à la géométrie, les illusions de couleurs n'en sont pas moins étonnantes.

Le contraste de luminosité

(Carrés gris)Comme expliqué dans le chapitre Perception des couleurs, le contraste de luminosité est le principe selon lequel notre œil estime la luminosité d'une couleur en fonction de son environnement. Ici, le petit carré de gauche semble plus clair que celui de droite. Ils sont pourtant du même gris. Nous percevons le petit carré de gauche comme un carré clair, car il est isolé dans une surface plutôt sombre. A contrario, à droite, le petit carré est au centre d'une surface claire: notre œil le perçoit comme un gris plutôt sombre.

(anneau uniforme sur fond bicolore)Voyez sur le même principe l'animation ci-contre. Un anneau uniforme est posé sur deux carrés colorés. Le demi-anneau de droite, une fois déplacé vers le bas, semble plus sombre que l'autre moitié.

L'échiquier d'Adelson

Dans l'image ci-dessous, les cases A et B semblent de couleurs différentes. Elles sont pourtant exactement du même gris.
(l'échiquier d'Adelson - détail)
(l'échiquier d'Adelson - détail)C'est un exemple frappant du contraste simutané: nous évaluons la couleur d'une zone relativement aux couleurs environnantes. La case A étant entourée de cases plus claires, nous la jugeons "foncée". A l'opposé, la case B étant entourée de cases sombres, nous la jugeons claire. Dans cet exemple, ce qui ajoute à l'illusion, c'est le dégradé de l'ombre portée, qui permet une transition "en douceur" de l'espace éclairé à l'espace dans l'ombre. Voyez l'image ci-contre qui rapproche deux pastilles extraites autour des cases A et B: il est beaucoup plus évident qu'elles sont de la même couleur.

Avec l'aimable autorisation d'Edward H. Adelson

Les bandes colorées

(bandes colorées)Dans l'image ci-contre, les bandes grises ont l'air d'être d'un gris clair à gauche, et d'un gris plus foncé à droite. De même, les bandes orangées de gauche ont l'air plus claires que les bandes orangées de droite (ceci reste valable quelle que soit la couleur utilisée).

C'est une illusion curieuse, car on pourrait penser qu'en application du principe de contraste de luminosité, comme les bandes à gauche sont majoritairement entourées de blanc, elles devraient paraître plus sombres que celles de droite, qui sont quant à elles encadrées en haut et en bas par des bandes noires !

Je n'ai pas trouvé d'explication claire concernant cette illusion. Voici ce que j'imagine (toute précision ou correction sera la bienvenue): notre cerveau imagine que les bandes oranges superposées sont les parties visible d'un unique objet (un carré orange), partiellement caché par des bandes blanches ou noires. Du coup, notre cerveau comprend l'image comme ceci: à gauche, il y a un fond noir sur lequel est posé un carré orange lui-même recouvert de bandes blanches. A droite, il y a un fond blanc, un carré orange posé dessus, puis des bandes noires.
Le contraste de luminosité s'applique donc, mais entre le pseudo-carré orange et le fond supposé être noir à gauche et blanc à droite. Donc la couleur orange nous paraît plus claire à gauche qu'à droite.
Encore une fois, cette explication est probablement mauvaise.

L'effet Stroop

Il ne s'agit pas à proprement parler d'une illusion, mais c'est une expérience intéressante car elle nous montre comment notre cerveau analyse les couleurs parallèlement au langage écrit.

L'expérience: il s'agit d'un ensemble de noms de couleurs classiques (rouge, vert, jaune, bleu...) inscrits sur une page. Ces mots sont colorés. On vous demande de nommer les couleurs de ces mots, et non pas les mots eux-mêmes.

La première page présente 25 mots, chaque mot est coloré de la "bonne" couleur: le mot "rouge" est inscrit en rouge, le mot "bleu" est inscrit en bleu, etc. Ouvrez cette première page, et mesurez le temps qu'il vous faut pour citer les 25 couleurs.

La seconde page présente elle aussi des noms de couleurs colorés, mais cette fois-ci, le nom et la couleur ne concordent plus. Par exemple, le mot "rouge" est écrit en bleu, le mot "blanc" est écrit en vert, etc. Rappelez-vous ! Il faut nommer la couleur du mot et pas le mot lui-même. Vous devrez donc dire "bleu" si vous voyez le mot "rouge" écrit en bleu. Chronométrez-vous aussi pour cette seconde étape.

Ça y est ? Si vous êtes dans la moyenne, vous avez dû mettre (non sans mal, avouez-le) presque deux fois plus de temps pour cette deuxième étape que pour la première !

L'explication: il y a deux théories expliquant les résultats de cette expérience:

  1. Théorie de la vitesse d'analyse: il y a interférence parce que les mots sont lus plus vite que ne sont nommées les couleurs.
  2. Théorie de l'attention sélective: l'interférence surgit parce qu'il faut plus d'attention pour nommer les couleurs que pour lire les mots.

Pour les personnes intéressées, l'étude originale de J. Ridley Stroop s'intitule "Studies of interference in serial verbal reactions, by J. Ridley Stroop (1935)", et était encore disponible début 2003 ici:
http://psychclassics.yorku.ca/Stroop/.

Avec l'aimable autorisation de Eric H. Chudler ("Neuroscience for kids").

Couleurs flottantes

Je suis tombé sur cet effet par le plus grand des hasards, en cherchant des couleurs pour une page web. Je ne suis pas sûr que l'illusion ici ait un raport avec les couleurs, ni même qu'elle soit observable dans n'importe quelles conditions...

L'expérience: en cliquant sur le bouton ci-dessous, vous allez faire apparaître une nouvelle fenêtre, alternant des textes rouges et violets sur fond noir. Regardez cette age pendant une dizaine de secondes, et vous aurez l'impression que les textes rouges "flottent" devant votre écran, comme s'ils étaient en avant de votre moniteur.

http://pourpre.com25 Octobre 2006
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